La reconnaissance n’est pas une confirmation
La reconnaissance ressemble à une preuve. Comme si l’applaudissement scellait la vérité. Comme si la visibilité était la mesure de la valeur. Pourtant, la reconnaissance confirme rarement ce que l’on croit qu’elle confirme.
Elle ne confirme pas la nécessité de ton travail, mais sa lisibilité. Elle ne confirme pas ton intégrité, mais ton intelligibilité. Ce qui est facilement reconnu l’est souvent parce qu’il correspond aux attentes.
Ce n’est pas une accusation. C’est un mécanisme.
Celui qui cherche uniquement la reconnaissance commence, sans s’en rendre compte, à parler la langue de ceux qui écoutent. Non pour mentir, mais pour ne pas disparaître. L’œuvre glisse alors progressivement — de la nécessité vers l’acceptation, du risque vers le confort.
La reconnaissance peut être une conséquence.
Mais dès qu’elle devient un objectif, le centre se déplace.
Peut-être que la question n’est pas : suis-je vu ?
Mais : est-ce que je continue à parler lorsque personne ne regarde ?
– Stefaan Rits, Note 12 février 2026


